ETUDE DE STABILITE |
PRESENTATION
| Les études qui vont suivre ont été
réalisé avec un logiciel de dessin industriel. Afin d'être
rassuré sur le bien fondé de mes modélisations, j'ai
comparé mes résultats avec la courbe théorique d'un
First 210 (disponible sur le site de l'architecte Jean-Marie
FINOT), et les mesures réalisées expérimentalement
dans le numéro 102 de la revue NEPTUNE de mars1993 et du
numéro 446 de la revue BATEAUX de juillet 1995. Il est
cependant difficile de s'y retrouver. Par exemple la
revue Neptune affichait directement la courbe de l'architecte
en disant que les valeurs théoriques et expérimentales
étaient identiques (soit un couple de redressement de
300 kg.m à 90° de gîte sur la courbe de l'arhitecte).
La revue BATEAUX, elle, donnait une valeur toujours
mesurée expérimentalement de 342 kg.m. pour une gîte
de 90° ?? Différence de résultat d'autant plus
surprenante que les deux revues soutenaient que l'architecte
Jean-Marie FINOT avait pu vérifier que les résultats
mesurés correspondaient "exactement" aux
prévisions théoriques. Pour ma part, et toujours pour le First 210, je trouve un résultat de 330 Kg.m pour une gîte de 90°, tandis que pour un gîte de 50°, je retrouve les mêmes valeurs que l'architecte. Attention cependant, les valeurs données dans cette page n'ont pas la prétention d'être totalement exactes. Mais l'important est moins de trouver les valeurs exactes des couples de redressements, (qui sont d'ailleurs variables en fonction du chargement) que de se donner les moyens de comparer les comportements de voiliers aux caractéristiques différentes, d'une manière objective et en toute connaissance des choix, parfois arbitraires, retenus pour leur modélisations. |
Pour modéliser le First 210 :
Sur l'image ci-contre on peut visualiser la ligne de flottaison d'un First 210 grossièrement dessiné pour une gîte de 50°. On remarque que la coque ne fait pas que rouler sur son flanc mais s'incline en prenant également de l'angle vers l'avant. |
ETUDE DE STABILITE D'UN FIRST 210 |
| CAS DU VOILIER SANS L'EQUIPAGE
(pas de force au point E): Dans ce cas, l'eau exerce une poussée sur la coque au point C (centre de carène) égale au poids du bateau. En G, (centre de gravité), la pesenteur exerce une force équivalente mais de direction opposée. Nous avons donc en calculant les moments en C (masse du bateau en G * bras de levier) : 1100 kg * 0,298 m = 328 kg.m. |
| CAS DU VOILIER AVEC EQUIPAGE
SUR LE PONT : Le couple de redressement précédent est positif. Il tend à redresser le bateau. Mais on remarque que le poids de l'équipage (au point E) joue un rôle négatif sur la stabilité du bateau. Mais pour quel masse d'équipage le couple de redressement devient nul ? Masse de l'équipage kg * 0,55 m = 328 kg.m d'ou Masse de l'équipage = 328 kg.m / 0,55 = 596 kg. Soit l'équivalent de 7 équipiers (de 85 kg chacun) s'accrochant aux filières ! |
CRITIQUES SUR LES RESULTATS OBTENUS AVEC LE LOGICIEL PAR RAPPORT A LA REALITE / ERREUR POSSIBLE / CORRECTION |
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| Nous avons vu que la modélisation du First 210 représente assez bien le comportement du voilier, mais cela ne veut pas dire que toutes le sont aussi. En aout 1996, dans son numéro 459, la revue "Bateaux" rapportait que couché à 90°, le Blue Djinn était en équilibre avec une masse en tête de mat de 15 kg dérive relevé (avec ou sans enrouleur???...)... Ceci va permettre de relativiser les résultats des études publiés ici. | ||
ETUDE DE STABILITE D'UN VOILIER REPRENANT LES CARACTERISTIQUES D'UN VOILIER DE TYPE BLUE DJINN |
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ATTENTION : Cette modélisation a été réalisé sans les plans de forme du voilier. Je me suis efforcé de reprendre "au mieux" les caractéristiques du voilier (masse de la dérive, masse du lest) mais sans connaître avec précision la position du lest, ni la masse du mat ou la répartition des poids des matériaux de constructions constituants la coque (dans la modélisation, la masse surfacique du pont est égale à celle de la coque...). |
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| Long de 6,09 mètres et large de 2,37 mètres, le Blue Djinn ressemble fort par ses mensurations à un micro rallongé par une jupe arrière. Avec 150 kg de plomb dans les fonds (visible en vert sur l'image ci-dessous) et 50 kg de dérive, il est cependant plus lesté que la plupart des micros qui se contentent de 150 kg. Cependant (par rapport à un Kelt 5,50) ces 50 kg supplémentaires sont placés au fond de la coque et donc assez proche du centre de gravité... | ||
La modélisation du Blue Djinn a été réalisé
avec les valeurs suivantes :
A partir de la modélisation du Blue
Djinn, on peut trouver le centre de carène pour une
gîte de 90°. Toujours sur la modélisation, on peut
mesurer alors la distance de 7293 mm séparant le centre
de carène de la tête de mat. Après un rapide calcul
sur les couples de redressement et de chavirement (voir l'exemple
du First 210 en début de page), et avec la masse de 15
kg en tête de mat permettant d'équilibrer le bateau
lorsqu'il est couché, on trouve la position du centre de
gravité "réel" du bateau. |
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| En plaçant ce centre de gravité
"réel" sur le dessin volumique on découvre qu'il
est placé à une distance de 257 mm en
haut de la ligne de flottaison. Or les calculs du logiciel le place à 323 mm au dessus de la ligne de flottaison dérive relevée, et à 285 mm dérive basse... D'ou vient cette différence? Je n'ai malheureusement eu aucune réponse de la part du chantier pour pouvoir dimensionner le bateau avec précision. Plusieurs paramètres peuvent influer sur la position du centre de gravité et donc sur les différences de résultats que l'on obtient :
De toutes ces erreurs, c'est celle sur le paramètrage
de la masse du mât qui est la plus significative, car le
mat dispose d'un bras de levier très important sur la
coque. Ainsi, l'erreur sur le couple de redressement du
bateau sera d'autant plus grande que le bateau sera
léger, fortement gîté, et l'erreur sur le poids du
mât importante. |
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| RECHERCHE DE CORRECTION SUR
LA MASSE DU MAT DE LA MODELISATION : Nous savons déjà que la différence de hauteur du centre de gravité entre la mesure "réel" et la modélisation est de 323 mm - 257 mm = 66 mm. Le bras de levier de 128 mm "réel" (voir schéma) passe alors à 128 mm - 66 mm = 62 mm sur la modélisation. Nous pouvons écrire l'équation : |
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| Les différences entre les deux courbes sont
importantes, et montre combien la présence de poids dans
le mât est néfaste pour la stabilité. Pour l'instant
je ne dispose pas d'information sur le poids d'un
enrouleur de génois, mais il est certain que sur un
petit voilier transportable son infuence n'est pas
négligeable. |
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| METHODE A SUIVRE POUR
APPORTER LES CORRECTIONS DES COURBES DE STABILITE EN
FONCTION DU POIDS DU MAT : Il vous faut dans un premier temps déterminer la différence de hauteur (H) entre le centre de gravité de la modélisation donnée dans ces pages, et le centre de gravité de votre voilier équipé d'un mât ayant la masse que vous allez lui fixer : H = ((masse du mât de
la modélisation en kg - masse de votre mât en kg)*((longueur
mât en mm/2) + 666 mm))/masse total du voilier Vous pouvez ensuite corriger votre couple de
redressement par rapport à votre nouvelle hauteur de
centre de gravité : |
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ETUDE
COMPARATIVE DE STABILITE ENTRE |
ETUDE DE STABILITE D'UN OCEANIX |
Voici les hypothèses de cette
modélisation réalisé avec l'aide d'un logiciel de
dessin industriel :
Voici les résultats pour le voilier couché à 90° : |
On remarque que le couple de redressement est égal à :
La masse maximum de l'équipage s'agrippant aux filières du cockpit que peut supporter le bateau dans cette position est donc :
Dans l'image ci-contre on remarque que l'eau, rentre légèrement dans le cockpit, ce qui est néfaste pour la stabilité. Bien sûr le logiciel en a tenu compte. Malgré cela le couple de redressement reste correct. (Cette modélisation n'engage que moi, et il m'est difficile d'être certain des résultats donnés. Cependant, la fourchette des valeurs ne doit pas être si loin du comportement réel du bateau....) |
| A partir de cette modélisation, on peut trouver l'influence de la remontée de la quille pivotante sur la stabilité du bateau. |
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| On remarque que la stabilité reste toujours positive
même quille relevée. Sa valeur aux forts angles de
gîte avec la quille relevé, est équivalente à se que
l'on trouvera sur un micro du type Kelt 5,5 (voir la
courbe de ce bateau plus bas). Sans aller jusqu'à recommander cette pratique par vent soutenu, il est donc possible au vent arrière de chercher à gagner de la vitesse en remontant la quille. Cette pratique est d'ailleurs utilisé par un propriétaire effectuant avec son Océanix des régates locales . |
ETUDE DE STABILITE D'UN KELT 5,5 m |
| Les hypothèses de la modélisation sont
identiques à celles de l'Océanix. La coque et le pont du bateau ont été affecté d'une masse de 408 kg. Le mat et son grément représente 22,5 kg. Le lest de fond de coque (visible sur la vue en coupe) est de 100 kg. La dérive est en fait, divisé en deux parties. La partie basse de 44 cm de haut est affecté d'une masse de 50 kg. La partie haute de la dérive, représente une masse de 20 kg. Ceci permet de respecter au mieux les informations donnée par la revue "Bateaux" d'aout 1979, N° 255. La masse total du bateau est donc de 408 + 22 + 100 + 50 + 20 = 600 kg. Remarque les ouvertures des hublots ont été réalisé après les calculs du logiciel. |
| On remarque sur l'image de droite qu'avec
90° de gîte le bateau pique du nez, ce qui est normal
au regard de la position du centre de gravité, et de la
répartition des volumes. On remarque que le couple de redressement est égal à :
La masse maximum de l'équipage s'agrippant aux filières du cockpit que peut supporter le bateau dans cette position est donc :
Dans cette position le bateau est en équilibre avec une charge de 10,5 kg fixée en tête de mat. Cette charge correspond au critère de stabilité de la jauge de la classe micro, soit 10 kg en tête de mat. |
ETUDE DE STABILITE D'UN SUN 2000 |
| La coque et le pont du bateau ont été
affecté d'une masse de 793 kg. Le mat et son grément
représente 27 kg. Le lest de fond de coque est de 350 kg.
La dérive est affecté d'une masse de 30 kg. La masse total du bateau est donc de 793 + 27 + 350 + 30 = 1200 kg. (masse retenue par le logiciel pour le calcul des centres de carène) Remarque les ouvertures des hublots ont été réalisé après les calculs du logiciel. |
le couple de redressement est égal à :
La masse maximum de l'équipage s'agrippant aux filières du cockpit que peut supporter le bateau dans cette position est donc :
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RESULTAT
FINAL |
| La courbe de stabilité du First 210 est
celle donnée par Jean-Marie FINOT sur son site. Les
trois autres courbes ont été tracé en déterminant
pour chaque angles de gîtes (10°, 20°, 30°,... ) le
bras de levier séparant le centre de gravité du bateau
et le centre de carène. En multipliant ce bras de levier
par la masse du bateau, on obtient le couple de
redressement en Kg.m. La masse des bateaux sont les suivantes :
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| De 0° à 50° de gîte, la stabilitée
de forme est prépondérante. Ainsi, bien que moins
lesté, le Kelt grâce à sa largeur bénéficie d'une
raideur équivalente à l'Océanix. Puis, de 50° à 90°,
c'est la stabilité "de leste" qui l'emporte.
Les bateaux ayant leurs lests placés les plus bas ont
les courbes de stabilités qui chutent le moins
rapidement aux fortes inclinaisons. Il existe des récits d'équipages de voiliers de 5,5 m ayant chaviré dans des conditions "musclées". En effet, par l'effet conjugué du vent et d'une vague plus forte que les autres il est possible d'attendre des angles de gîtes où le poids de l'équipage n'est plus positif pour la stabilité du bateaux, mais l'aide au contraire à faire "chapeau". |
| Sur les trois graphiques suivants on retrouve en bleu les courbes de stabilités précédentes. La courbe rouge représente le couple de redressement du voilier quand le barreur (navigateur solitaire de 80Kg) est sur le banc du cockpit au vent. La courbe jaune montre toujours le couple de redressement du voilier quand le barreur quitte la barre pour aller sur le banc opposé juste derière le roof. |
| L'Océanix avec sa coque très
symétrique garde des courbes très équilibrées. Le
Kelt refait son retard de stabilité quand le barreur est
au vent du fait d'une largeur arrière de coque plus
importante. Cette dissymétrie de forme avantage
également le Sun 2000. Sur ce bateau le barreur à la
gîte est littéralement hissé au dessus de l'eau sur
une sorte de plate-forme formée par le large tableau
arrière. Pour cette raison, le Kelt et le Sun 2000
gagnerons plus rapidement que l'Océanix en puissance, en
augmentant le nombre de leurs équipiers. Cela ne rendra
pas les bateaux plus stables, mais leurs permettra de
porter plus de voile. Cependant la stabilité "ressentie" par le barreur passant sous le vent du Kelt sera certainement la plus faible. En effet, à 30° de gîte la variation du couple de redressement supportée par le changement de bord du barreur représente 41 % pour le Kelt, 34 % pour l'Océanix, et 26% pour le Sun 2000. (Pourcentages exprimés par rapport au couple de redressement sans équipage) |
COMPARAISON OCEANIX / KELT 5,5 |
| Une carène très équilibrée pour l'Océanix,
et une dissymétrie des formes pour la coque du Kelt d'environ
huit ans plus jeune. La coque du Kelt est particulière par son fond "coupé". L'arrière plus large autorisera des vitesses au allures portantes plus élevées par vent établie. La dérive plus profonde doit permettre de moins dériver au près, mais l'ensemble doit être plus volage, et l'on peut certainement lâcher la barre moins longtemps sur le Kelt. La largeur de la carène du Kelt doit donner une stabilité de forme plus grande au faible angle de gîte. Mais ensuite, le lest placé plus haut, les superstructures plus importantes, handicape le voilier aux forts angles de gîtes.
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PROPOSITION DE MODIFICATION SUR LE KELT 5,5 AFIN D'AUGMENTER SA STABILITE |
| Pour augmenter la stabilité du voilier,
la solution la plus simple à mettre en oeuvre est d'augmenter
le lest dans les fonds. Sur le Kelt il existe déjà un
lest en plomb dans le fond de la coque (en marron sur l'image
ci-contre). On peut facilement compléter ce lest en
coulant des blocs de béton, et en les fixant d'une
manière démontable dans les fonds du bateau (en vert
sur l'image ci-contre). La densité du béton (1 volume
de ciment, 2 volumes de sable, et 2 volumes de gravier)
étant de 2,4; le volume vert représente ici une masse
additionnelle de 100kg. Les deux images suivantes expliquent pour quelle raison j'ai choisi de placer ce lest plutôt sur la partie avant. Avec un équipage de 2 personnes de 80kg et 2 personnes de 40 kg (ou 3 personnes de 70 kg avec un moteur fixé sur chaise de 30 kg) on remarque que le bateau se cabre au-delà du raisonnable. Les lignes d'eau ne sont plus respectées et le tableau arrière traine beaucoup d'eau, en créant des tourbillons néfastes pour la vitesse sous voiles du bateau. |
Avec quatre personnes dans le cockpit le tableau arrière traine dans l'eau. |
En ajoutant une masse de 100kg (visible sur le dessin), la coque se redresse en s'enfonçant légèrement. |
| Avec ce lest additionnel de 100 kg, on
reste dans le domaine du raisonnable, et l'assiette du
bateau au repos ne sera que légèrement perturbée. La
masse à vide du Kelt passe de 600kg à 700 kg, soit la
même masse que l'Océanix. Cependant, l'Océanix à une
surface mouillée moindre, ce qui l'avantagerait par
petit temps par rapport au Kelt. Mais par vent plus fort, la largeur du Kelt l'avantagera, comme le montre les courbes de stabilités suivantes : |
| Le Kelt ayant également la qualité de
pouvoir accueillir son équipage sur les hiloires de
cockpit, sa raideur à la toile pourra facilement être
augmentée. Couché à 90°, le kelt équipé de son lest supplémentaire possède le même couple de redressement que l'Océanix ou que le Sun 2000. Le Sun 2000 est portant équipé d'un lest de 350 kg, mais intégralement fixé sur les fonds de la coque. Les modifications apportées au Kelt sont largement bénéfiques pour les critères "statiques" du voilier. Mais il faut vérifier que le comportement dynamique ne se dégrade pas trop... En effet, en plaçant du poids vers les extrémités du bateau, on augmente les effets d'inertie, et donc de tangage du voilier. A ce titre, placer le poids de l'équipage dans le cockpit à l'arrière de la coque, n'est pas une bonne solution pour les performences sous voiles. Cela représente simplement l'avantage de ne pas diviser le volume déjà réduit de la cabine. Un voilier à cockpit central se montrera donc plus confortable sous voiles pour son équipage, dans le sens ou il aura des mouvements plus doux dans le clapot. Pour une personne navigant seule, l'intérêt du lest additionnel sera plus dans l'obtention d'une raideur à la toile supérieure (pour compenser l'absence d'équipage au rappel), que pour maintenir l'assiette du bateau. Dans ce sens, le lest pourra avantageusement trouver sa place plus vers le centre de la coque. L'autre avantage du lest démontable est de pouvoir s'adapter, pourquoi pas, aux différentes configurations d'utilisations... |
ETUDE DE STABILITE DE TROIS QUILLARDS |
GOLIF |
Le Golif est l'un des premiers voiliers
en stratifié de polyester à avoir été fabriqué en
France, dans les années 60. Il possède une largeur de 2,22
mètres pour une longueur de 6,46 mètres. A l'époque le
constructeur lui donnait un déplacement à vide de 900
kg. Au regard de son lest de 480 kg, je pense qu'il est
plus sage de fixer une masse supérieur. Voici ce qui a
été entré dans l'ordinateur :
La modélisation a bien sur été réalisé dans les mêmes conditions que les précédentes. Voici les résultats : |
| INTERPRETATION DE LA COURBE
DU GOLIF : Par rapport au First 210, le Golif possède plus de lest, mais aussi une moins forte largueur (2,22 mètres contre 2,5 mètres). Jusqu'à 10° de gîte ces deux caractéristiques ce compensent, mais ensuite une autre phénomène apparaît. Le courbe du Golif comporte un creux entre 10 et 50°. En fait, le lest du Golif est fixé sur une amorce de quille fabriquée en stratifié de verre avec la coque. Cette amorce de quille représente un volume important qui n'est pas lesté. Ainsi, pendant la gîte, ce volume va jouer le rôle inverse de celui du lest. En effet alors que le lest de la quille cherche à redresser le bateau, le volume d'air de la fausse quille cherche à remonter à la surface. Ce n'est que lorsque la quille sort de l'eau que le voilier "refait son retard" en stabilité, avec une courbe qui grimpe en flèche. On remaquera aussi que le sommet de la courbe arrive pour des angles de gîte très importants. |
LOVE LOVE |
| Le Love Love de conception plus "moderne",
puisque construit dès 1970, possède déjà des avancés
par rapport à son aîné. La largeur est portée à 2,44
mètres pour une longueur de coque de 6,58 mètres. L'aileron
de quille de 450 kg est uniquement constitué de fonte et
est équipé d'un volumineux saumon améliorant encore la
stabilité du bateau. La modélisation a été réalisé avec les valeurs suivantes :
INTERPRETATION DE LA COURBE DU LOVE LOVE: Côté performance, la raideur du Love Love ne sera qu'un
avantage relatif au près par rapport au First 210. En
effet, avec une largeur de cockpit maximal, l'équipage
du First 210 pourra facilement et confortablement
participer au rappel du voilier. Sur le Love Love, il
faudra envoyer les équipiers sur le roof (position qui
demanderait la présence de filières pour un meilleur
confort et sécurité), alors que le barreur, proche de l'étoit
tableau arrière, ne participe que très faiblement au
rappel du bateau. |
ETUDE DE STABILITE D'UN TABASCO |
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LES REACTIONS SUITE A CETTE MODELISATION |
| Celle de Pierre Gutelle, l'architecte
du Tabasco : " Merci à Robert Damien pour son étude de la stabilité du Tabasco. Je n'ai pas les moyens de la vérifier, ne disposant plus aujourd'hui des moyens informatiques nécessaires. Lors
des bancs d'essais et des études que je faisais pour
Bateaux avec D.Maupas (alias Jacques Monsault) des
nouveaux bateaux, la stabilité était vue sous l'angle
de la performance et non de la sécurité, néanmoins les
coefficients de stabilité permettent de dégager
certaines valeurs. En revanche, contrairement à ce que pense celui-ci, la stabilité initiale est très bonne si l'on se réfère à la photo p.86 de l'article où un équipier de 85 kg debout sur le liston à hauteur du hauban n'entraîne qu'une gîte de 15°. Par gros temps, il est bien sûr indispensable de s'attacher (avec un mousqueton facilement décrochable) suffisamment long pour rester libre de ses mouvements et pouvoir faire le tour du bateau, d'amarrer le plus possible le matériel à l'intérieur et de fermer le rouf. Si l'on dépasse les 90° de gîte, rien n'empêche la quille de rentrer, mais les frottements à l'intérieur du puits doivent la maintenir bien au delà de cet angle. Quant au polystyrène dans le mât c'est une sécurité pour le redressement en cas de chavirage complet. Je pense que dans ce cas (à mon avis peu probable), compte tenu du franc-bord et du volume du rouf le redressement devrait être relativement facile, tout au moins au début avant que le rouf ne se remplisse (l'étanchéification de celui-ci serait un bonne précaution). Pour redresser, en particulier si la quille est rentrée, le meilleur moyen sera de récupérer la grande écoute, de la passer par dessus la coque et de s'y suspendre. On peut également amarrer un cordage sur une cadène de hauban. Avant toute tentative il faut tourner le bateau nez au vent. Ne jamais oublier non plus de prévoir des moyens de remonter à bord (échelle rigide ou en cordage). La sécurité des petits bateaux reste un problème épineux mais elle se prévoit d'abord à terre avec une étude locale sérieuse de la météo, des marées et des courants. A bientôt à Beg Meil. Pierre
Gutelle (16 juin 2007) L'expérience de Nathan Quenot qui est parti au tas sous spi (2 juillet 2007): Je
suis déjà parti au tas sous spi avec éoline jusqu'à
en couler le winch sous le vent ! D'autres témoignages sont disponibles sur le site des TABASCO. |
VERIFICATION
DES VALEURS SUR LA STABILITE INITIALE |
| Sur les photos présentés,
l'océanix à une
gîte de 6°, le Tabasco, une gite de 14°. Soit une gîte deux fois supérieure. Ceci permet de valider d'une manière expérimentale le début de chaque courbe. Sur les deux photos, c'est environ 80kg qui sont placé à 1 mètre de l'axe de symétrie du bateau, soit très approximativement un couple de 80 kg.m. (une personne de 80 kg pour le Tabasco, et une personne de 80kg avec un moteur de 20kg, mais placé plus proche de l'axe de symétrie pour l'Océanix) |
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ETUDE DE STABILITE D'UN JOUET 680 |
La modélisation du Jouet 680 a été
réalisé avec les valeurs suivantes :
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| Ces courbes montrent l'excellent couple
de redressement du Jouet 680 qui est donc plus puissant
que le Love Love (le seul quillard de référence dans le
graphique ci-dessous). Il est vrai que le Jouet est 250
kg plus lourd que le Love Love, et que ces 250 kg se
retrouvent intégralement dans le lest du bateau. Sous voiles, au près, cette puissance lui permettra de porter plus de toiles qui seront d'ailleurs nécessaire pour emmener les kilos supplémentaires. Ce poids supplémentaire est un avantage pour la stabilité dans les angles de gîte ou la forme de la coque joue aussi un rôle important. Mais pour des angles supérieurs à 50°, logiquement, le levier créer par le lest extérieur du Love Love donne de meilleurs résultats. Pour information : avec un mât ayant la même masse linéaire que celle retenue sur le Love Love on arrive à un couple de redressement maxi de 750 kg.m (au lieu de 740 kg.m sur le graphique ci-dessus) et un couple de 435 kg.m (au lieu de 423 kg.m sur le graphique ci-dessus). Sur
le graphique, on retrouve 5 dériveurs intégraux de
masses différentes : |
Synthèse : Globalement 4 principaux paramètres
se dégagent des différentes modélisations réalisées
: |
A VOIR SUR INTERNET Sur le site http://asso.ffv.fr/microsail/ , dans la rubrique "entre nous", vous trouverez le témoignage d'Yves LECHEVANTON sur le chavirage de son Microsail par gros temps. Sur le site http://pagesperso-orange.fr/590/dc20/menu_second/regate/regate.htm dans la rubrique "sortie de route", vous trouverez le témoignage d'un propriétaire de DC 20 ayant subit un chavirage lors d'une abaté sous spi. Je sais aussi qu'il existe un témoignage d'un propriétaire d'ovni ayant fait un 360° entre Les Sables d'Olonne et le port de Bougenais, (sur http://www.hisse-et-oh.com/ ) mais je ne retrouve pas son emplacement exacte. Si bien sûr vous avez d'autres témoignages à apporter, je pourrais avec plaisir les centraliser sur cette page. |